Source: Agence télégraphique suisse

(ats) Les préoccupations sécuritaires ont tendance à l'emporter sur la protection de la sphère privée, ont affirmé lundi 6 octobre à Genève des experts. Pour le conseiller aux Etats Luc Recordon (Verts/VD), la cybersurveillance s'aggrave du fait des craintes liées à la montée de l'extrémisme islamique.

"La protection de la vie privée est défendue au niveau des grands principes par les gouvernements mais le souci sécuritaire l'emporte au niveau de l'application", a déclaré le conseiller aux Etats, membre de la Commission de la politique de sécurité (CPS), lors d'un débat organisé au Club suisse de la presse sur la cybersurveillance.

"La situation est plutôt en voie d'aggravation du fait des menaces liées aux mouvements extrémistes, à la peur de Daesh" (l'Etat islamique), a-t-il constaté.

"Depuis l'affaire Edward Snowden, la prise de conscience du problème s'est développée parmi les citoyens, mais les gouvernements n'ont pas encore vraiment réagi", a affirmé pour sa part Richard Hill, représentant l'Internet Society Switzerland.

Les Etats anglo-saxons font barrage

Pour le spécialiste, ex-fonctionnaire de l'Union internationale des télécommunications (UIT), les Etats anglo-saxons font barrage à une nouvelle législation au niveau international, au nom du "besoin de surveiller pour se protéger des terroristes". Cette position des Etats-Unis a le soutien d'une large majorité d'Américains, a-t-il fait remarquer.

La Suisse est alignée sur les Etats européens, selon Richard Hill. "Cette problématique est laissée à l'Office fédéral de la communication (OFCOM). Elle dépasse pourtant largement le domaine de la réglementation des télécoms", a ajouté le représentant de l'Internet Society.

Luc Recordon a rappelé que deux projets de loi sont à l'étude par les Chambres fédérales: le projet de loi sur la surveillance de la correspondance par poste et télécommunication (LSCPT) et la révision de la loi sur les services de renseignements. Il a estimé qu'un référendum contre cette dernière loi serait l'occasion d'élargir le débat devant le peuple.

Le conseiller aux Etats vaudois s'est aussi inquiété des ingérences d'origine privée face auxquelles "le citoyen reste bien démuni".

Genève endroit idéal

"Il faut trouver un juste équilibre entre les besoins légitimes de sécurité et la protection de la vie privée", a affirmé Tereza Horejsova, coordinatrice de la Geneva Internet Platform (GIP), créée l'an dernier avec le soutien de la Confédération. Les intervenants ont rappelé les principes de nécessité et de proportionnalité à respecter pour exercer une surveillance.

Selon la GIP, Genève est l'endroit idéal pour réunir les principaux acteurs. Nigel Hickson, vice-président pour l'Europe de l'ICANN, l'organe américain chargé de gérer les noms de domaine, a soutenu l'idée que Genève est "le bon endroit pour avoir un débat et surmonter l'absence de consensus au niveau international".

La Geneva Internet Platform organise les 18 et 19 novembre prochain avec le soutien du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) une conférence de deux jours sur la gouvernance de l'Internet. Richard Hill a précisé que "plus beaucoup de monde ne propose la création d'une nouvelle organisation".

Il s'agit avant tout d'améliorer les structures existantes, comme l'ICANN et l'UIT, a-t-il indiqué. Pour Luc Recordon, il faut définir de bonnes pratiques et assortir ces règles de sanctions pour qu'elles soient appliquées.
 


Issues: Cybersecurity, Consumer protection, Access, Privacy and data protection

The Geneva Internet Platform is an initiative of the Swiss authorities

 

Members of the Steering Committee are FDFA, OFCOM and the Canton of Geneva

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